« Jamais la première fois sur le patient. » Ce principe fondateur guide toute la démarche de simulation en santé, aujourd’hui reconnue comme une modalité pédagogique essentielle à la formation des professionnels de santé.
À l’Institut Simone Veil, la simulation occupe une place centrale dans notre projet pédagogique. Elle permet à nos étudiants de sécuriser leurs gestes par l’expérience, de se confronter à des situations cliniques variées dans un environnement bienveillant, et d’analyser leurs pratiques sans conséquence pour la personne soignée.
Le référentiel de formation issu de l’arrêté du 20 février 2026 consacre pleinement la simulation en santé, en complémentarité étroite avec les stages cliniques. Elle poursuit sept finalités :
1. Préparer aux premiers pas en milieu professionnel
Faciliter les premiers contacts de l’étudiant avec le milieu professionnel en l’immergeant dans des situations réalistes, avant même son premier stage.
2. Exposer à des situations rares
Aborder des cas cliniques peu fréquents ou critiques, difficiles à rencontrer systématiquement en stage, pour garantir une expérience formative complète.
3. Renforcer les compétences relationnelles
Travailler le savoir-être, la communication soignant-soigné et l’adaptation du comportement en situation.
4. Consolider la technique
Maîtriser des gestes complexes ou des protocoles spécifiques grâce à des ateliers dédiés, en réduisant l’effet aléatoire lié à la variabilité des prises en soins rencontrées sur le terrain.
5. Améliorer la sécurité des soins
Travailler la gestion des risques, les facteurs humains et la sécurité de la personne prise en soin.
6. Développer l’interprofessionnalité
Construire des scénarios communs avec d’autres professions de santé — notamment avec nos élèves aides-soignants — afin de développer la collaboration et la compréhension mutuelle des rôles.
7. S’exercer directement en stage
Des séances de simulation peuvent être réalisées in situ, dans les structures d’accueil, pour renforcer l’immersion et prendre en compte les contraintes réelles du terrain (dans la limite de 10 % du volume total des enseignements cliniques).
La salle de simulation
Un espace immersif reproduisant un environnement de soins réaliste, équipé d’un lit médicalisé, d’un poste de lavage et du matériel nécessaire au déroulement des scénarios. Les séances peuvent y être observées et analysées en groupe.
La salle de pratique
Une grande salle de travaux pratiques équipée de cinq lits médicalisés et de l’ensemble du matériel de soin, permettant l’apprentissage des gestes techniques en petits groupes : hygiène, confort, pansements, injections, perfusions, transfusion, calculs de dose.
Les salles de travaux dirigés
Des espaces modulables favorisant le travail en petits groupes, l’analyse de situations cliniques, les jeux de rôle et les débats argumentés.
Une séance de simulation suit toujours une progression structurée en trois temps :
1. Le briefing
Le formateur présente le contexte, les objectifs pédagogiques, le matériel disponible et les rôles de chacun. Il rappelle le cadre de confidentialité et de bienveillance : la simulation est un espace d’apprentissage, jamais un espace de jugement.
2. La mise en situation
Les étudiants jouent le scénario clinique en conditions réalistes, pendant que le reste du groupe observe. Selon les objectifs, la simulation peut être :
- procédurale, centrée sur un geste technique précis (sur mannequin ou simulateur de tâche) ;
- immersive, reproduisant une situation clinique complète avec ses aléas ;
- relationnelle, avec jeu de rôle ou patient simulé, pour travailler l’entretien et l’annonce.
3. Le débriefing
C’est le temps le plus formateur. Animé par le formateur, il permet à chacun d’exprimer son ressenti, d’analyser les décisions prises, d’identifier ce qui a bien fonctionné et les axes de progression. C’est ici que se construit la démarche réflexive, principe central du référentiel de formation.
La simulation repose sur un contrat de confiance entre formateurs et étudiants :
- Confidentialité : ce qui se passe en simulation reste dans la salle ;
- Bienveillance : l’erreur est une ressource d’apprentissage, pas une faute ;
- Non-évaluation : sauf mention explicite, les séances de simulation sont formatives et ne donnent pas lieu à notation ;
- Engagement : chaque participant s’implique sincèrement dans le scénario, condition de son efficacité pédagogique.
Le référentiel 2026 prévoit des évaluations normatives portant notamment sur des soins et interventions présentés en contexte clinique, qui peuvent être préparés et évalués en pratique simulée :
- la réalisation d’une consultation infirmière avec prescription infirmière ;
- l’injection dans un dispositif d’accès veineux central ;
- la pose de transfusion sanguine ;
- la mise en œuvre d’une prescription avec calculs de dose.
S’y ajoutent, tout au long du cursus, le travail sur les situations d’urgence (en lien avec l’AFGSU niveau 2), la santé mentale, la relation d’aide, l’annonce d’une mauvaise nouvelle et la gestion des situations conflictuelles.